L’impact économique de la crise du Covid-19 dépendra, dans un premier temps, de la durée du confinement et, ensuite, de la dynamique de la reprise. Malgré la forte incertitude qui demeure, les premiers signes de stabilisation de l’épidémie en Europe, couplés aux récentes annonces des gouvernements européens, semblent plaider pour une durée moyenne de confinement de deux mois, jusqu’à début ou mi-mai selon les pays. En retenant l’hypothèse d’un arrêt total de l’activité d’environ 35 %, estimée à la fois par l’INSEE et par la Banque de France, le PIB français sera donc mécaniquement amputé au minimum d’environ 6 %.
La reprise de l’activité sera progressive
Les statistiques économiques publiées dernièrement confirment l’ampleur de la crise économique. Le PIB chinois s’est ainsi contracté de 6,8 % en rythme annuel au 1er trimestre 2020. En France, les ventes de détail ont chuté de 24 % au mois de mars. Selon les dernières prévisions du FMI, 90 % des économies devraient entrer en récession dans le monde en 2020. Ceci impliquera une contraction du PIB mondial de 3 % sur l’année. Soit un niveau bien supérieur à celui qui avait été constaté en 2009 (- 0,1 %). Le FMI souligne également que la reprise sera notamment contrainte par l’envolée du chômage dans certaines économies (Etats-Unis) et par les problèmes de solvabilité qui perdureront après la crise, en particulier dans les économies émergentes.
Quelles implications à moyen terme ?
Au delà des effets de court terme, la crise du Covid-19 pose également un certain nombre de questions prospectives :
- Mondialisation : poursuite de la remise en cause de la globalisation, entamée par la politique de l’administration Trump ?
- Inflation : après de probables pressions désinflationnistes à court terme, un renforcement de l’inflation (lié à des relocalisations de production ou du moins à une réorganisation des chaînes de valeur) est-il à craindre ?
- Finances publiques : comment financer la très forte dégradation des finances publiques (déficits budgétaires attendus à près de 20 % du PIB aux Etats Unis et à 9 % du PIB en France !) ?
- Construction européenne : quel futur pour l’Union européenne qui une fois de plus a affiché ses contradictions et son inefficience au cours de cette crise ?
- Economies émergentes : quelle est la capacité des économies émergentes à faire face alors qu’elles ne disposent pas des mêmes marges de manœuvre que les Etats-Unis ou la zone euro ?
Pour aller plus loin …
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Les informations présentées se fondent sur la réglementation en vigueur au 01/09/2020. Elles ne constituent pas un conseil ou un avis fiscal ou juridique.