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Marchés financiers

1 octobre 2020

Elections USA : bilan de la présidence TRUMP sur le plan international

 

L’unilatéralisme amé­ri­cain n’est pas nou­veau, il se mani­fes­tait déjà en 1971 dans la célèbre décla­ra­tion du Secré­taire au Tré­sor amé­ri­cain, John Connal­ly, « le Dol­lar est notre mon­naie et votre pro­blème », dans le refus de recon­naître la com­pé­tence de la Cour pénale inter­na­tio­nale ou encore par la déci­sion de George W. Bush d’outrepasser l’avis du Conseil de sécu­ri­té de l’ONU pour enva­hir l’Irak en 2003.

Avec Donald Trump, le rejet du mul­ti­la­té­ra­lisme devient tou­te­fois clai­re­ment osten­sible et sys­té­ma­tique. Le cadre mul­ti­la­té­ral ins­ti­tué sous lea­der­ship amé­ri­cain après la seconde guerre mon­diale n’est plus dans l’intérêt des amé­ri­cains. Il est consi­dé­ré à la fois comme défa­vo­rable aux Etats‑Unis et trop favo­rable pour les autres, ayant per­mis la mon­tée en puis­sance de la Chine, qui uti­lise les failles du mul­ti­la­té­ra­lisme pour ser­vir ses ambi­tions hégé­mo­niques. Dans ce contexte, les États‑Unis ne s’estiment plus en charge du main­tien de la paix et de la sécu­ri­té inter­na­tio­nale que Donald Trump juge trop coû­teuses.

La récente indé­pen­dance éner­gé­tique amé­ri­caine, cou­plée aux cri­tiques récur­rentes à l’égard de la faible par­ti­ci­pa­tion finan­cière des pays euro­péens à l’OTAN, per­mettent un désen­ga­ge­ment mili­taire au Moyen Orient et en Europe et un repo­si­tion­ne­ment stra­té­gique vers l’Asie.

Sur le plan com­mer­cial, la volon­té est de relo­ca­li­ser les acti­vi­tés et les emplois indus­triels aux États‑Unis en ins­tau­rant des poli­tiques pro­tec­tion­nistes.

Enfin, Donald Trump rejette les enjeux liés au chan­ge­ment cli­ma­tique et sou­haite reti­rer le pays de toute coor­di­na­tion inter­na­tio­nale en la matière.

 

Donald Trump a globalement respecté ses promesses de campagne en matière de politique internationale

Mal­gré une atti­tude sin­gu­lière sur la scène inter­na­tio­nale, usant de son impré­vi­si­bi­li­té, de menaces coer­ci­tives et d’un ton tri­vial, le Pré­sident Trump a réus­si à concré­ti­ser nombre de ses enga­ge­ments poli­tiques.

- Retrait ou rené­go­cia­tion d’accords inter­na­tio­naux : retrait du pro­jet d’accord com­mer­cial de par­te­na­riat trans­pa­ci­fique, de l’accord de Paris sur le cli­mat, de l’accord de Vienne de 2015 sur le nucléaire ira­nien et du trai­té sur les forces nucléaires à por­tée inter­mé­diaire. René­go­cia­tion de l’ALENA via l’entrée en vigueur en juillet 2020 d’un nou­vel accord avec le Mexique et le Cana­da (USMCA).

- Rejet de la mon­dia­li­sa­tion et adop­tion de mesures pro­tec­tion­nistes : impo­si­tion de droits de douane sur 410 mil­liards de dol­lars d’importations depuis le reste du monde (y com­pris cer­tains pro­duits euro­péens), dont envi­ron 380 mil­liards de dol­lars en pro­ve­nance de Chine. Pour­suite du blo­cage de la nomi­na­tion des juges à la Cour d’appel de l’OMC, désor­mais inopé­rante, condui­sant à la para­ly­sie de l’OMC et à la démis­sion de son Direc­teur géné­ral en sep­tembre 2020.

- Décou­plage avec la Chine : hausse des droits de douane sur 65 % des impor­ta­tions de pro­duits chi­nois. Dur­cis­se­ment des sanc­tions à l’égard des entre­prises chi­noises (Hua­wei, ZTE etc.) accu­sées de vols de pro­prié­té intel­lec­tuelle et des offi­ciels impli­qués dans les répres­sions à Hong‑Kong et contre les Ouï­ghours. Dési­gna­tion de la Chine comme mani­pu­lant son taux de change entre août 2019 et jan­vier 2020, date de signa­ture d’un accord com­mer­cial pré­voyant notam­ment une hausse de 200 mil­liards de dol­lars sur 2 ans des impor­ta­tions chi­noises de pro­duits amé­ri­cains. Cet accord semble par­ti­cu­liè­re­ment fra­gile et les objec­tifs d’importations inat­tei­gnables, d’autant plus suite à la crise sani­taire qui a exa­cer­bé les ten­sions entre les deux pays.

- Dur­cis­se­ment des sanc­tions vis-à-vis de l’Iran, de la Rus­sie et du Vene­zue­la. Retour à une poli­tique étran­gère au Moyen Orient plus tra­di­tion­nelle de sou­tien incon­di­tion­nel à Israël et de rap­pro­che­ment avec l’axe sun­nite.

- Désen­ga­ge­ment mili­taire : annonce du retrait des troupes d’Afghanistan et de 12 000 mili­taires amé­ri­cains basés en Alle­magne (dont la moi­tié sera tou­te­fois redé­ployée ailleurs en Europe).

 

Mais les conséquences économiques se font encore attendre

- Les mesures pro­tec­tion­nistes adop­tées par les États‑Unis à par­tir de 2018 n’ont pas per­mis de réduire le défi­cit com­mer­cial amé­ri­cain qui attei­gnait 577 mil­liards de dol­lars fin 2019 (contre 484 mil­liards de dol­lars au début de son man­dat).

- Les droits de douane et les sanc­tions amé­ri­caines ont bien désor­ga­ni­sé les chaînes de valeur mon­diales (en par­ti­cu­lier dans l’industrie des semi‑conducteurs) mais ils n’ont pas per­mis d’initier à ce stade un véri­table mou­ve­ment de relo­ca­li­sa­tion indus­trielle aux États‑Unis. Selon une étude de la Chambre de com­merce amé­ri­caine en Chine, moins de 4 % des entre­prises amé­ri­caines pré­sentes dans le pays ont ini­tié la relo­ca­li­sa­tion d’une par­tie de leur pro­duc­tion aux États‑Unis.

 

Vers un monde plus multipolaire

Si l’érosion du mul­ti­la­té­ra­lisme a com­men­cé avant la pré­si­dence de Donald Trump, son man­dat mar­que­ra la tran­si­tion pro­gres­sive vers un monde plus mul­ti­po­laire. Le décou­plage avec la Chine implique une perte d’hégémonie amé­ri­caine, au pro­fit de blocs d’influence régio­nale, s’opposant au niveau inter­na­tio­nal. Dans ce contexte, l’Europe devra trou­ver sa place, par­ta­gée entre sa proxi­mi­té cultu­relle, finan­cière et mili­taire avec les États‑Unis et ses rela­tions com­mer­ciales pri­vi­lé­giées avec la Chine, comme l’illustre le revi­re­ment de cer­tains pays euro­péens s’agissant du déploie­ment sur leur ter­ri­toire de la 5G par le groupe chi­nois Hua­wei.

 

 

 


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