SMAvie Infos > Marchés financiers > Elections USA : bilan de la politique intérieure TRUMP
politique intérieure américaine

Marchés financiers

2 octobre 2020

Elections USA : bilan de la politique intérieure TRUMP

 

 

Durant sa cam­pagne, Donald Trump aspi­rait au retour à une cer­taine vision de la pros­pé­ri­té amé­ri­caine met­tant l’accent sur la défense des tra­vailleurs amé­ri­cains et plus géné­ra­le­ment des classes moyennes. Le slo­gan élec­to­ral du can­di­dat répu­bli­cain, ” Make Ame­ri­ca Great Again “, que Ronald Rea­gan avait déjà fait sien, sug­gé­rait le regret de la gran­deur pas­sée des Etats‑Unis. Détaillé lors de son dis­cours de Get­tys­burg en octobre 2016, le pro­gramme de Donald Trump visait des objec­tifs ambi­tieux : retrou­ver une tra­jec­toire de crois­sance de 4 % par an, favo­ri­ser la créa­tion de 25 mil­lions d’emplois et relo­ca­li­ser les entre­prises sur le ter­ri­toire amé­ri­cain.

 

Pour atteindre ces objectifs, Donald Trump prône le nationalisme économique

Donald Trump a misé sur une refonte de la fis­ca­li­té des entre­prises afin de ren­for­cer le lea­der­ship éco­no­mique des Etats‑Unis, de recen­trer les inves­tis­se­ments des entre­prises amé­ri­caines dans le pays, de créer des emplois et de sti­mu­ler la crois­sance. La réforme fis­cale adop­tée fin 2017 consti­tue l’une des prin­ci­pales réa­li­sa­tions de l’administration Trump sur le plan inté­rieur. Elle s’est tra­duite par la réduc­tion du taux d’imposition sur les socié­tés de 35 % (niveau supé­rieur à la moyenne des pays de l’OCDE) à 21 % et par l’adoption d’un sys­tème fis­cal ter­ri­to­rial dans lequel les divi­dendes rapa­triés aux États‑Unis ne sont plus impo­sés. La taxa­tion sur les pro­fits pas­sés, accu­mu­lés à l’étranger par des entre­prises amé­ri­caines depuis 1987, est pas­sée de 35 % à 15,5 %, dans le cadre de leur rapa­trie­ment. Ces mesures visaient à sti­mu­ler l’investissement sur le ter­ri­toire amé­ri­cain. Un deuxième volet de la réforme com­pre­nait un allè­ge­ment (tem­po­raire, jusqu’en 2025) de la fis­ca­li­té des ménages impli­quant une baisse du taux d’imposition mar­gi­nal sur le reve­nu de 39,6 % à 37 %.

 

Sur un certain nombre de sujets, Donald Trump a remis en cause les politiques menées par son prédécesseur :

- Sou­tien affi­ché au sec­teur pétro­lier avec la nomi­na­tion de l’ancien PDG d’ExxonMobil, Rex Tiller­son, au poste de Secré­taire d’Etat (jusqu’en mars 2018) et la relance des pro­jets d’oléoducs Keys­tone XL et Dako­ta Access. Les Etats‑Unis sont deve­nus expor­ta­teurs nets de pétrole en 2019.

- Assou­plis­se­ment de la régu­la­tion ban­caire mise en place par la loi Dodd-Frank (2010) en allé­geant la règle Vol­cker et en rédui­sant le nombre de banques sou­mises à une sur­veillance ren­for­cée de la Réserve fédé­rale.

- Dur­cis­se­ment de la poli­tique migra­toire : adop­tion d’une pos­ture stricte et répres­sive avec le pro­jet de construire un mur à la fron­tière entre les Etats‑Unis et le Mexique et la pro­cla­ma­tion de l’Etat d’urgence pour réaf­fec­ter des fonds mili­taires à la réa­li­sa­tion de ce mur.

A la suite des élec­tions de mi‑mandat en novembre 2018, les démo­crates ont repris le contrôle de la Chambre des repré­sen­tants tan­dis que les répu­bli­cains ont ren­for­cé leur majo­ri­té au Sénat. Ces résul­tats ont obli­gé l’administration Trump à faire des com­pro­mis sur de nom­breux pro­jets de loi.

 

Les promesses de campagne de Donald Trump ont globalement été tenues sur le plan de la politique intérieure mais certaines n’ont pu aboutir faute d’accord politique (plan d’infrastructures) ou de manque de soutien au sein de sa propre majorité (Obamacare et construction du Mur).

Le pro­jet d’in­ves­tis­se­ment en infra­struc­tures de 1 000 mil­liards de dol­lars sur 10 ans via des finan­ce­ments publics et pri­vés n’a jamais été mis en oeuvre mal­gré une pro­po­si­tion en 2018 d’un plan de 200 mil­liards de dol­lars de fonds fédé­raux. Par ailleurs, les ten­ta­tives d’abrogation de la loi de réforme de la san­té « Oba­ma­care » n’ont pas abou­ti, faute de sou­tien au Sénat, pour­tant à majo­ri­té répu­bli­caine. Enfin, la construc­tion du mur à la fron­tière mexi­caine n’a été que très par­tiel­le­ment réa­li­sée.

 

En outre, les résultats obtenus sont plus que mitigés dans certains domaines.

L’allègement de la fis­ca­li­té a pro­fi­té aux entre­prises et aux ménages aisés mais n’a pas eu les effets escomp­tés en termes de crois­sance, d’investissement et de relo­ca­li­sa­tion des entre­prises.

Après un sur­saut tem­po­raire (2,9 % de crois­sance du PIB en 2018), la tra­jec­toire de crois­sance n’a pas chan­gé radi­ca­le­ment et l’objectif de crois­sance de 4 % par an n’a pas été obte­nu. La poli­tique de Donald Trump n’a pas per­mis d’inverser le ralen­tis­se­ment ten­dan­ciel des gains de pro­duc­ti­vi­té aux Etats-Unis.

L’amélioration du mar­ché du tra­vail, débu­tée en 2010, s’est pro­lon­gée avec la baisse du taux de chô­mage à 3,5 % en jan­vier 2020 et une hausse signi­fi­ca­tive de l’emploi (6,3 mil­lions d’emplois créés entre jan­vier 2017 et décembre 2019) mais l’objectif ambi­tieux de 25 mil­lions d’emplois créés n’a pas été rem­pli.

Mal­gré des pro­fits en hausse, les entre­prises amé­ri­caines n’ont pas sen­si­ble­ment aug­men­té leurs inves­tis­se­ments. Le taux d’investissement est ain­si res­té stable depuis 2016 autour de 14 % : les pro­fits ont prin­ci­pa­le­ment été orien­tés vers les rachats d’actions et le paie­ment de divi­dendes.

 

Les poli­tiques menées par Donald Trump, notam­ment la réforme fis­cale, ont entrai­né une forte dégra­da­tion des finances publiques depuis 2018 et conti­nue­ront à peser sur les défi­cits dans les années à venir. Le défi­cit public total est pas­sé de ‑4,3 % du PIB en 2016 à ‑5,8 % du PIB en 2019, avant la crise sani­taire.

 

 

 

 


smavie sma

 

 

Docu­ment publi­ci­taire sans valeur contrac­tuelle.

Les infor­ma­tions pré­sen­tées se fondent sur la régle­men­ta­tion en vigueur au 02/10/2020. Elles ne consti­tuent pas un conseil ou un avis fis­cal ou juri­dique.