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Marchés financiers

7 mai 2020

Covid 19 : le marché de l’or n’a pas été épargné

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Les matières pre­mières sont au cœur de la tour­mente sani­taire et éco­no­mique actuelle. Presque toutes ont été affec­tées par une demande en chute libre et de grands défis logis­tiques. A pre­mière vue, l’or a échap­pé à ces ava­nies avec un cours reve­nu vers ses plus hauts de sept ans. La demande est res­tée ferme au pre­mier tri­mestre à 1 084 tonnes (+1 % rela­ti­ve­ment à 2019) sou­te­nue par une forte col­lecte des ETF de 298 tonnes selon le World Gold Coun­cil (WGC). Et pour­tant, des dys­fonc­tion­ne­ments d’une ampleur excep­tion­nelle ont été obser­vés sur le marché.

 

Des anomalies d’ordre logistique

Les cours à terme à New York (Comex) se sont décon­nec­tés de ceux au comp­tant à Londres (LBMA). Ils  affi­chaient une prime de plus de 20 dol­lars fin mars, puis de plus de 50 dol­lars mi-avril. Pour­tant nor­ma­le­ment, seuls quelques dol­lars, voire moins, les séparent. Ces mou­ve­ments brusques ont pu faire craindre une offre insuf­fi­sante face à la demande. Mais il semble que ce ne soit pas le cas à l’échelle glo­bale. Ces ano­ma­lies seraient plu­tôt dues à une cause d’ordre logistique.

Dans un mar­ché bien appro­vi­sion­né, cer­tains arbi­tra­gistes sont ven­deurs à terme (au Comex) et ache­teurs au comp­tant (au LBMA). Seule­ment, à New York l’or est livré en barres de 100 onces alors qu’à Londres, l’or est livré en barres de 400 onces. D’ordinaire, des cir­cuits bien hui­lés per­mettent d’acheminer l’or vers les raf­fi­neurs (suisses notam­ment) pour le refor­ma­ter et le conduire au point de livrai­son. Mais l’arrêt du trans­port aérien et la per­tur­ba­tion du raf­fi­nage en Suisse ont cou­pé ces cir­cuits pous­sant cer­tains acteurs à cher­cher déses­pé­ré­ment des alter­na­tives ou à dénouer en catas­trophe leurs tran­sac­tions. Le mar­ché de l’or s’est ain­si pro­pre­ment disloqué !

 

Retour à l’équilibre

Depuis, d’autres acteurs, inci­tés par la forte prime de l’or à New York, ont pris la relève. Des vols char­ters, pro­ve­nant par­fois d’aussi loin que l’Australie, ont été affré­tés. Les stocks au Comex ont alors enre­gis­tré un afflux spec­ta­cu­laire. Et la prime a amor­cé une lente décrue. Elle reste au niveau encore impor­tant de 7 à 10 dol­lars, mais selon John Reade du WGC, cela cor­res­pond au coût actuel­le­ment plus éle­vé du fret et de cer­taines sources d’approvisionnement. A cette heure, le mar­ché de l’or a donc retrou­vé un cer­tain équi­libre après avoir été très per­tur­bé lui aus­si. Des bou­le­ver­se­ments ulté­rieurs ne peuvent cepen­dant être exclus, sur­tout si les flux actuel­le­ment ache­teurs des ETF et des opé­ra­teurs finan­ciers au Comex venaient à se tarir, voire à s’inverser.

 

 

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