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Revue des marchés SMA - Crise sanitaire

Marchés financiers

10 décembre 2020

Amélioration des perspectives pour 2021… sur fond de croissance durablement affaiblie ?

 

L’arrivée d’un vac­cin per­met d’envisager une réso­lu­tion de la crise sani­taire à l’horizon mi‑2021, le temps de déployer une cam­pagne de vac­ci­na­tion effi­cace. Si des res­tric­tions sani­taires devraient être main­te­nues dans les mois à venir, la réduc­tion de l’incertitude sani­taire amé­liore les pers­pec­tives éco­no­miques pour 2021.

La crise risque tou­te­fois de lais­ser des traces, avec une hausse du chô­mage, une contrac­tion des inves­tis­se­ments ain­si que des niveaux éle­vés d’endettement et d’inégalités pou­vant peser dura­ble­ment sur la crois­sance ten­dan­cielle. Après la forte réces­sion de 2020 (- 9 % en France), le taux de crois­sance devrait for­te­ment rebon­dir en 2021 (+ 6 % selon la Com­mis­sion euro­péenne). Il est cepen­dant pro­bable que ce rebond méca­nique laisse pro­gres­si­ve­ment place à une crois­sance dura­ble­ment affai­blie, qui pas­se­rait par dif­fé­rents canaux :

Chô­mage de longue durée : la réaf­fec­ta­tion des per­sonnes ayant per­du leur emploi risque de prendre du temps et d’entraîner une dété­rio­ra­tion des com­pé­tences des tra­vailleurs (du « capi­tal humain »). La hausse du chô­mage de longue durée pour­rait être d’autant plus impor­tante que la crise a for­te­ment impac­té le sec­teur des ser­vices qui repré­sente près de 80 % de l’emploi en France et consti­tue un débou­ché impor­tant pour les tra­vailleurs peu qua­li­fiés. L’accroissement des inéga­li­tés qui en résul­te­rait nui­rait d’autant plus à l’affectation des com­pé­tences, limi­tant le poten­tiel de croissance.

Baisse des inves­tis­se­ments : les pertes subies par les entre­prises, cou­plées à un degré tou­jours éle­vé d’incertitude éco­no­mique, auront un effet défa­vo­rable sur les déci­sions d’investissement et le finan­ce­ment de nou­veaux pro­jets pro­duc­tifs. Si cer­taines dépenses d’investissement peuvent être repor­tées dans le sec­teur manu­fac­tu­rier, les ser­vices sont moins sus­cep­tibles de bénéficier
d’effets de rattrapage.

Chan­ge­ments struc­tu­rels : la crise sani­taire a des effets dif­fé­ren­ciés sur les sec­teurs et a pu accé­lé­rer des chan­ge­ments struc­tu­rels comme la digi­ta­li­sa­tion ou la remise en ques­tion de la mon­dia­li­sa­tion. Cer­tains sec­teurs semblent par­ti­cu­liè­re­ment vul­né­rables à ces phé­no­mènes à l’image des trans­ports, de l’hébergement ou des voyages. Ces muta­tions pour­raient tou­te­fois favo­ri­ser une réaf­fec­ta­tion sec­to­rielle au béné­fice de sec­teurs plus productifs.

Hausse de l’endettement : le niveau éle­vé d’endettement des agents éco­no­miques, publics et pri­vés, pour­rait limi­ter les capa­ci­tés de finan­ce­ment et peser sur l’activité éco­no­mique à long terme. Par ailleurs, les dis­po­si­tifs de sou­tien bud­gé­taire de grande ampleur mis en place par les gou­ver­ne­ments visent à limi­ter le recul de l’activité à court terme. Ces poli­tiques sont sus­cep­tibles d’affaiblir davan­tage le poten­tiel de crois­sance, en contri­buant à main­te­nir en vie des entre­prises dura­ble­ment impro­duc­tives (« entre­prises zombies »).

 

 

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