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Marchés financiers

13 mars 2021

Pétrole : un rééquilibrage en trompe l’oeil

 

Sur les deux premiers mois de l’année, les cours du Brent sont en hausse de 30 % à plus de 67 dollars le baril.

Enta­mé en novembre 2020, ce rebond s’inscrit dans un mou­ve­ment géné­ra­li­sé de pro­gres­sion des prix des matières pre­mières dans l’anticipation d’une reprise infla­tion­niste de la crois­sance mondiale.

Les mar­chés pétro­liers ont aus­si été sou­te­nus par au moins deux fac­teurs : la maî­trise de l’offre grâce aux efforts de l’Opep+ et le rebond de la consom­ma­tion sur fond de reprise indus­trielle. D’une part, l’Arabie saou­dite s’est enga­gée, à la sur­prise géné­rale, à ren­for­cer ses coupes de pro­duc­tion à hau­teur d’un mil­lion de barils jour sup­plé­men­taires jusqu’à fin mars. D’autre part, le fort rebond de la pro­duc­tion indus­trielle mon­diale a per­mis de réduire les stocks qui s’étaient accu­mu­lés jusqu’à l’été der­nier. Résul­tat, la courbe des prix à terme revient en situa­tion de déport (prix au comp­tant supé­rieurs aux prix à terme), signe que le mar­ché mon­dial s’est assaini.

Malgré tout, de nombreuses incertitudes font courir le risque d’une rupture brutale de cet équilibre.

D’abord, l’Opep+ fait face au même dilemme stra­té­gique qu’il y a un an : aug­men­ter sa pro­duc­tion (et pro­fi­ter de cours plus élé­vés) ou main­te­nir contrainte sa pro­duc­tion (au risque d’abandonner des parts de mar­chés). Comme en 2020, la Rus­sie est par­mi les pre­miers états à expri­mer ses diver­gences. His­to­ri­que­ment, la dis­ci­pline est rare­ment pérenne en période de prix « confor­tables ». Ensuite, les stocks OCDE rap­por­tés à la demande res­tent éle­vés. La reprise de la consom­ma­tion de pétrole est, en effet, tou­jours limi­tée, à l’image des modestes marges de raf­fi­nage. En outre, de nom­breux pays impor­ta­teurs, à l’instar de l’Inde, com­mencent à tirer la son­nette d’alarme quant aux cours actuels qui limi­te­raient leur poten­tiel de reprise. Dans cette optique, la plu­part des acteurs, éta­tiques ou non, res­tent pru­dents pour 2021. Enfin, le retour des pro­duc­tions libyenne et amé­ri­caine com­pro­met for­te­ment le scé­na­rio d’un accrois­se­ment de la ten­sion phy­sique sur le mar­ché pétro­lier. Et ceci sans comp­ter le poten­tiel retour, dans un second temps, de l’Iran.

Bien que la thèse d’un « sup­ply gap » en for­ma­tion se défende à plus long terme (fruit d’un sous-inves­tis­se­ment chro­nique qui va se pour­suivre et d’une demande qui ne sera pas indé­fi­ni­ment contrainte par la situa­tion sani­taire), l’équilibre actuel semble plus fra­gile que ce que les prix du brut ne laissent entendre.

 

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smavie sma

 

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