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Pharmaceutiques et COVID

Marchés financiers

16 avril 2021

Pharmaceutiques et COVID : pas de vie économique normale sans les entreprises de la santé

 

Phi­lippe EZEGHIAN, Ana­lyste gérant et Res­pon­sable de la ges­tion actions SMA Ges­tion apporte son ana­lyse et éclai­rage quant à l’im­pact de la Covid sur le sec­teur pharmaceutique.

 

Dans quelle mesure le secteur a‑t‑il bénéficié de la crise sanitaire ?

Phi­lippe EZEGHIAN : Contrai­re­ment à une idée reçue, la crise sani­taire a eu glo­ba­le­ment un effet néga­tif pour le sec­teur phar­ma­ceu­tique. Le virus Covid impacte prin­ci­pa­le­ment les per­sonnes très âgées et celles à patho­lo­gies chro­niques (dia­bète, mala­dies car­dio­vas­cu­laires, can­cers, affec­tions pul­mo­naires et insuf­fi­sance rénale chro­nique). Ces popu­la­tions sont quatre fois plus consom­ma­trices de soins de san­té que le reste de la popu­la­tion. Or, les mesures de confi­ne­ment et la crainte de la conta­mi­na­tion ont réduit de manière dras­tique le nombre de consul­ta­tions de ces per­sonnes à risque pour le diagnostic/détection, sui­vi ou l’initiation de nou­veaux trai­te­ments pour leurs patho­lo­gies chro­niques (en par­ti­cu­lier en onco­lo­gie et car­dio­lo­gie). A de rares excep­tions, essen­tiel­le­ment dans le sec­teur des diag­nos­tics (grâce aux tests Covid), ces entre­prises se sont vues ampu­tées d’environ la moi­tié de leur crois­sance orga­nique annuelle (soit de l’ordre de 2 à 3 points) !

Néan­moins, d’un point de vue bour­sier, le sec­teur de la san­té a par­ti­cu­liè­re­ment bien résis­té durant la phase de stress de mar­ché en mars et en avril avec une baisse limi­tée à 18 % contre 35 % pour le Stoxx 600, grâce notam­ment à la visi­bi­li­té et la récur­rence qu’offre ce secteur.

 

La crise du COVID a‑t‑elle changé la perception de ce secteur ?

Phi­lippe EZEGHIAN : La ques­tion de l’innovation et de la valeur du ser­vice médi­cal ren­du du médi­ca­ment fait débat depuis plu­sieurs années (prix éle­vé du Soval­di, trai­te­ment de Gilead contre l’hépatite C, hausse de prix hors norme chez Turing) et génère une mau­vaise presse. De plus, dans un contexte de fra­gi­li­té des sys­tèmes de san­té publique, le sec­teur du médi­ca­ment est sou­mis à une pres­sion tari­faire conti­nue, simi­laire à celui des pro­duits de consom­ma­tion courante.

Or, la crise Covid a mon­tré qu’il n’y avait pas de vie éco­no­mique nor­male pos­sible sans les entre­prises du sec­teur san­té. Cette crise consti­tue une for­mi­dable vitrine de la capa­ci­té du sec­teur phar­ma­ceu­tique à inno­ver et de sa réac­ti­vi­té à répondre à l’urgence sani­taire. Le revers de la médaille est que la vitesse de concep­tion des nou­veaux vac­cins et les essais cli­niques rac­cour­cis ont paral­lè­le­ment sus­ci­té une méfiance, voire un rejet d’une par­tie de l’opinion publique, consi­dé­rant que cette crise consti­tuait d’abord une oppor­tu­ni­té finan­cière pour les « Big Phar­ma », tout en les dédoua­nant de leur res­pon­sa­bi­li­té en cas de pré­ju­dice sanitaire.

 

Quelles peuvent être les conséquences de cette crise atypique sur ces acteurs ?

Phi­lippe EZEGHIAN : Cette crise par­ti­cu­lière joue un rôle de révé­la­teur pour les acteurs les plus agiles et les plus inno­vants et a contra­rio ceux qui ne le sont pas. Les acteurs du diag­nos­tics (bio­Mé­rieux, Qia­gen, Dia­So­rin…) ain­si que cer­tains labos phar­ma (notam­ment les bio­techs BioN­tech et Moder­na) ont mon­tré leur agi­li­té (moins d’un an pour mettre au point un vac­cin et le pro­duire ; quelques semaines pour un diagnostic).

Leur capa­ci­té d’innovation abso­lu­ment remar­quable détonne par rap­port aux grands acteurs tra­di­tion­nels (notam­ment GSK, Sano­fi, Merck dans les vac­cins). Le vac­cin à ARN mes­sa­ger jusque là res­treint aux tests sur le can­cer et sur des virus sans remède connu (Ebo­la, Sida, Mar­burg, Zika), trouve avec la Covid son pre­mier déploie­ment de masse avec des taux de pro­tec­tion au-delà de toute espé­rance (> 95 %), et ouvre à cette tech­no­lo­gie la voie vers de nou­velles appli­ca­tions. Jamais un virus n’aura été autant étu­dié et aus­si vite, ce qui ne man­que­ra pas de chan­ger pro­fon­dé­ment l’organisation de la recherche médi­cale dans les années à venir.

 

 

 

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