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Reprise bourse

Marchés financiers

12 septembre 2020

Comment expliquer la reprise des marchés actions ?

 

Une fois inté­gré le choc de l’arrêt volon­taire des éco­no­mies occi­den­tales en mars der­nier, les mar­chés actions ont très rapi­de­ment repris le che­min de la hausse. Les indices actions euro­péens ont, par exemple, effa­cé une grande par­tie de leurs pertes. Quant aux indices actions amé­ri­cains, ils évo­luent désor­mais en ter­ri­toire posi­tif depuis le début de l’année ! Cela s’explique par la réponse sans pré­cé­dent des Banques cen­trales et des pou­voirs publics des pays développés.

 

Les Banques cen­trales ont injec­té des liqui­di­tés sans limite. Dans le cas de la Fed, ils ont sou­te­nu direc­te­ment le mar­ché obli­ga­taire des entre­prises en se posant en ache­teur de der­nier recours. Les courbes de taux ont conver­gé vers zéro, y com­pris aux Etats-Unis, et les primes de risque se sont contrac­tées. Mal­gré le trans­fert mas­sif des pertes d’activité des acteurs pri­vés vers de la dette publique (mesure de chô­mage tech­nique, plans de relance, …), les inves­tis­seurs ne semblent pas inquiets de cette explo­sion de la dette ame­née à être moné­ti­sée de plus en plus par les Banques cen­trales. La pro­gres­sion des indices est tou­te­fois trom­peuse car elle ne tra­duit que par­tiel­le­ment la situa­tion actuelle des mar­chés actions.

 

Le rebond s’est opé­ré avec une pola­ri­sa­tion extrême entre gagnants et per­dants de la pan­dé­mie. Le pre­mier groupe est consti­tué par les valeurs tech­no­lo­giques à forte crois­sance pour les­quelles les consé­quences micro-éco­no­miques de la pan­dé­mie sont invi­sibles voire posi­tives. En Europe, faute de valeurs à crois­sance forte, il ras­semble les valeurs défen­sives à forte visi­bi­li­té (Nest­lé, SAP, Das­sault Sys­tèmes, Roche, ASML, L’Oréal, LVMH, Her­mès…). Le second groupe com­prend les entre­prises dont l’activité est liée au tourisme/voyages, à la res­tau­ra­tion, au com­merce phy­sique, ain­si que le sec­teur finan­cier du fait de la com­pres­sion des taux et du risque accru de défauts de paiements.

 

Dans un uni­vers de taux zéro, la crois­sance est rare et devient de plus en plus chère ! Cette « reprise en K » enté­rine la prise de pou­voir des acteurs mon­dia­li­sés de la tech­no­lo­gie sur l’économie et les mar­chés. La démons­tra­tion de leur carac­tère défen­sif a ame­né une hausse spec­ta­cu­laire de leurs mul­tiples de valo­ri­sa­tion. Le poids des cinq socié­tés GAFAM dans le S&P 500 atteint 24 %, une concen­tra­tion inéga­lée dans l’histoire. La capi­ta­li­sa­tion indi­vi­duelle de Apple, Ama­zon et Micro­soft dépasse celle du CAC 40. Elle se rap­proche de celle de l’Eurostoxx 50 !

 

La pan­dé­mie a défi­ni­ti­ve­ment enter­ré toute espé­rance de remon­tée des taux à court, moyen, voire long terme, ce qui laisse sup­po­ser que l’appréciation des mul­tiples pour­rait per­du­rer. Mais pour jus­ti­fier ces niveaux de valo­ri­sa­tion, les entre­prises tech­no­lo­giques devront conti­nuer à croître sur des rythmes forts ce qui, au vu de leurs tailles, équi­vaut à absor­ber des pans entiers de l’économie. Dès lors, un ralen­tis­se­ment de la crois­sance de ces entre­prises devrait mettre à mal leur valo­ri­sa­tion. Et à l’inverse, si elles main­tiennent ces niveaux de crois­sance, une réac­tion socié­tale et poli­tique pour limi­ter leur pou­voir n’est pas à exclure, notam­ment en cas de chan­ge­ment de cap poli­tique aux Etats-Unis.

 

 

Pour aller plus loin …

Décou­vrez la revue des mar­chés financiers

 

 


smavie sma

 

 

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