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Zoom sur

Marchés financiers

20 janvier 2021

Zoom sur 2020 : Crise sanitaire, crise économique mais pas de crise financière

 

Glo­ba­le­ment, les mar­chés finan­ciers ont bien résis­té ! Les mar­chés actions, une fois inté­gré le choc de l’arrêt volon­taire des éco­no­mies en mars der­nier, se sont rapi­de­ment redres­sés. Les indices actions euro­péens limitent ain­si leur recul en 2020 (‑7,1 % pour le CAC40 et ‑5,1 % pour l’Eurostoxx50). Quant aux indices actions amé­ri­cains, ils ont ter­mi­né l’année sur de nou­veaux records (+16,3 % pour le S&P500) ! De la même manière, les spreads de cré­dit sur les obli­ga­tions les mieux notées (« invest­ment grade »), après s’être très for­te­ment écar­tés au prin­temps, sont reve­nus en fin d’année à leur niveau d’avant crise. En ce qui concerne les obli­ga­tions d’Etat, les taux euro­péens sont redes­cen­dus à leurs plus bas niveaux atteints mi‑2019. Ain­si, le taux du Bund 10 ans a bais­sé de 39 pb au cours de l’année pour s’établir à ‑0,58 % le 31/12/2020. Les écarts de taux par rap­port à l’Allemagne au sein de la zone euro ont éga­le­ment dimi­nué en 2020. Ils s’élevaient au 31 décembre à 23 pb pour la dette de la France et 110 pb pour la dette de l’Italie. Aux Etats-Unis, le taux 10 ans a ter­mi­né l’année à 0,91 %, en baisse de 100 pb en 2020.

 

Graphique 2 - Actif de la BCE

Interventions rapides et fortes des banques centrales…

Cette très bonne résis­tance des mar­chés finan­ciers s’explique par la réponse sans pré­cé­dent des pou­voirs publics à tra­vers le monde. Les banques cen­trales ont très rapi­de­ment et mas­si­ve­ment injec­té des liqui­di­tés et, dans le cas de la Fed, ont sou­te­nu direc­te­ment le mar­ché obli­ga­taire des entre­prises en se posant en ache­teur de der­nier recours. Consé­quence, le niveau des taux d’intérêt a conver­gé vers zéro un peu par­tout à tra­vers le monde et les primes de risque se sont contrac­tées de façon généralisée.

Tou­te­fois, la por­tée des actions des banques cen­trales est affai­blie, après plus d’une décen­nie de « Quan­ti­ta­tive Easing » et de poli­tiques moné­taires expan­sion­nistes. De plus, la seule réponse moné­taire ne pou­vait pas suf­fire pour lut­ter contre la crise compte tenu ses caractéristiques.

 

 

 

… coordonnées avec un soutien budgétaire sans précédent

Face à la mise à l’arrêt de pans entiers de l’économie mon­diale et les pertes de reve­nus qui en ont décou­lé, les gou­ver­ne­ments n’ont pas eu d’autre choix que d’intervenir mas­si­ve­ment. En 2020, les mesures bud­gé­taires prises avoi­sinent 6 000 Md$ (soit 6 % du PIB mon­dial), mon­tant qui dépasse lar­ge­ment celui de la relance orches­trée en 2009.

Les plans de sou­tien se sont glo­ba­le­ment arti­cu­lés en trois étapes :

  • étape 1 : les mesures bud­gé­taires adop­tées dans l’urgence, au plus fort du confi­ne­ment, ont per­mis de sou­te­nir le reve­nu des ménages qui par exemple en France a recu­lé de seule­ment 2,6 % au 2ème tri­mestre, mal­gré une chute du PIB de 13,8 %. Le coût éco­no­mique de la crise a prin­ci­pa­le­ment été sup­por­té à ce stade par le creu­se­ment du défi­cit public et la baisse du reve­nu des entre­prises. A court terme, les prêts garan­tis par l’Etat ont per­mis d’assurer la sur­vie finan­cière de nom­breuses sociétés.

Graphique 3 - Etats-Unis, Solde public fédéral

  • étape 2 : les mesures gou­ver­ne­men­tales ont ensuite été consa­crées au sou­tien des entre­prises, à l’image du plan de relance fran­çais de 100 Md€ sur deux ans, dont les deux tiers visent à sou­te­nir leur acti­vi­té, que ce soit via une baisse de la fis­ca­li­té, des aides à l’investissement ou des mesures de tran­si­tion éco­lo­gique (réno­va­tion ther­mique, éner­gie, trans­ports). Les gou­ver­ne­ments de l’UE pour­ront de plus s’appuyer sur le Fonds de relance euro­péen (de 750 Md€, dont 390 Md€ de sub­ven­tions), una­ni­me­ment approu­vé par le Conseil euro­péen de juillet 2020 mais qui doit encore être rati­fié par les par­le­ments natio­naux des Etats membres. Ce fonds consti­tue une pre­mière étape his­to­rique vers une mutua­li­sa­tion des dettes à l’échelle européenne.

 

  • étape 3 : la tra­jec­toire de la reprise et le réta­blis­se­ment éco­no­mique dépen­dront  de l’efficacité glo­bale des mesures prises par les pou­voirs publics et de leur capa­ci­té à réta­blir la confiance des agents économiques.

Quoi qu’il en soit, le coût bud­gé­taire de la crise s’avère colos­sal. A titre d’exemple, le défi­cit bud­gé­taire amé­ri­cain devrait s’élever à 18,7 %, du PIB en 2020, niveau jamais éga­lé en temps de paix.

 

Vers un duo politique monétaire – politique budgétaire
Tableau 2 - Programmes d'achat de titres de la BCE

Au regard de l’impact de la crise sani­taire et des incer­ti­tudes éco­no­miques, la poli­tique bud­gé­taire sera ame­née dura­ble­ment à tenir le pre­mier rôle. La poli­tique moné­taire sera quant à elle char­gée d’assurer son finan­ce­ment. Pour cela, les taux d’intérêt devront demeu­rer à de faibles niveaux ce qui néces­si­te­ra la pour­suite d’achats mas­sifs de titres d’Etat de la part des banques centrales.

Ain­si, en 2020, la BCE a ache­té 1 080 Md€ de titres, dont plus de 900 Md€ de titres publics, un mon­tant proche du défi­cit public de la zone euro au cours de la même période. La BCE a donc qua­si­ment moné­ti­sé la tota­li­té des défi­cits publics des pays de la zone euro en 2020.

Seul un déra­page très signi­fi­ca­tif de l’inflation pour­rait remettre en cause un tel schéma.

 

 

Pour aller plus loin …

Consul­ter les autres articles “Mar­chés financiers”

Lire le Zoom sur 2020 – 1 : L’é­co­no­mie à l’é­preuve du Covid

 

 


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